WAR AND PEACE
At the year-end ceremony of my final year of school, I was awarded the General Prize. It was Tolstoy’s War and Peace. Working over the summer vacation as a roustabout on a sheep stud farm in South Australia, I began reading this immense work of 19th century literature at nights. That summer I turned 17 and prepared to enter university.
61 years later I write these words at Les Sources des Alpes in the Swiss mountains, known in the last century as a haven for writers. And there on the wall in the lounge is a photo of Leo Tolstoy, a guest here some 120 years ago.
Researching Dancing Before Storms, Laura and I came across the letters exchanged between Tolstoy and Mohandas Gandhi around that time. Tolstoy’s letters helped Gandhi develop his ideas for achieving change through non-violent activism and protest. They laid the foundation for the independence of India, the break-up of the British Empire, and the post World War II emergence from colonialism. The same concept of non-violence for change inspired Martin Luther King’s strategy in the American civil rights movement of the 1960s.
A decade after my graduation from school I was on my way to New Delhi as India intervened to support the rebels of Bangladesh and declared war with Pakistan. Ghandhi’s dream of peace on the sub-continent had been shattered by the violence of the division between Muslims and Hindus, and then his assassination – by an extremist from his own community. The Bangladesh War was another chapter in the Indo-Pakistani conflict. I was mandated to represent Australian teachers at a seminar on education for peace which ended up being held in a country at war.
Today’s world is again aflame with war, as age-old conflicts are re-ignited with appalling atrocities and loss of innocent lives. Israel-Gaza, Ukraine-Russia, and Yemen, Darfur, Tigray, Libya, Myanmar, central America …. The list goes on. Never in history have there been so many refugees, people desperate to flee conflict. Humanitarian aid efforts through UN agencies and NGOs are overwhelmed. The issue of illegal immigration and people-trafficking has fomented populism and cleaves apart the consensus – the social contract – which underpins the concept of democracy. These wars have consequences for everyone.
Tolstoy’s War and Peace was about the lives of individuals caught up in the drama of the Napoleonic wars which changed the face of Europe. Today’s wars affect people everywhere, people wishing only to live in peace.
Dancing Before Storms told the stories of men and women who sought peaceful change through reforms but were overtaken by events – revolutions, wars. Justice and dignity for all is more than ever needed in today’s world of rampant inequity and injustice. Achieving necessary change through non-violent activism is hugely challenging. But peace must surely be preferred to war. And by peace, we mean not the peace of graveyards, but the peace of vibrant, living communities.
The challenge for education and educators was summed up 77 years ago in the opening words of the constitution of UNESCO : ‘Since wars begin in the mind of men – and women – it is in the minds of men – and women – that the defences of peace must be constructed’.
My experience of attending a seminar in India on education for peace in a country at war, back in 1971, raised still unresolved questions about education, war and peace. The search for answers continues.
Robert T Harris
GUERRE ET PAIX
Au cours de la cérémonie de clôture de ma dernière année d’école, j’ai reçu un prix très spécial: Guerre et Paix de Tolstoï. Pendant les vacances d’été, j’ai travaillé en tant que garçon de ferme dans un élevage de moutons en Australie du Sud et le soir, je lisais cette œuvre littéraire monumentale du XIXe siècle. J’ai eu 17 ans au cours de cet été-là et j’ai préparé mon entrée à l’université.
61 ans plus tard, j’écris ces mots depuis l’hôtel Les Sources des Alpes, au cœur des montagnes suisses, considéré au siècle dernier comme un paradis pour les écrivains. Sur le mur du salon se trouve une photo de Léon Tolstoï, qui y avait séjourné il y a 120 ans.
Lors d’un travail de recherche réalisé pour Dancing Before Storms, Laura et moi avons découvert la correspondance épistolaire de Tolstoï et Mohandas Gandhi de l’époque. Les lettres de Tolstoï ont aidé Gandhi à développer ses idées pour apporter des changements à travers une militance et une mobilisation non violentes. Ils ont jeté les fondements de l’indépendance de l’Inde, de l’éclatement de l’Empire britannique et de l’accélération de la décolonisation après la Seconde Guerre mondiale. Le même concept de non-violence pour le changement a inspiré la stratégie de Martin Luther King et le mouvement américain des droits civiques des années 1960.
Dix ans après la fin de mes études, j’étais en route pour New Delhi lorsque l’Inde est intervenue pour soutenir les rebelles du Bangladesh et a déclaré la guerre au Pakistan. Le rêve de paix de Ghandhi sur le sous-continent a été anéanti par la violence liée à la division entre musulmans et hindouistes, puis par son assassinat perpétré par un extrémiste de sa propre communauté. La guerre du Bangladesh a alors marqué un autre chapitre du conflit indo-pakistanais. J’ai été mandaté pour représenter les enseignants australiens lors d’un séminaire sur l’éducation pour la paix, qui s’est finalement tenu dans un pays en guerre.
Le monde d’aujourd’hui est à nouveau en proie à la guerre, alors que des conflits séculaires sont ravivés par d’abominables atrocités et par la perte de vies innocentes. Israël-Gaza, Ukraine-Russie, Yémen, Darfour, Tigré, Libye, Myanmar, Amérique centrale… La liste est longue. Dans l’histoire du monde, il n’y a jamais eu autant de réfugiés, de personnes cherchant désespérément à fuir les combats. Les efforts d’aide humanitaire déployés par les agences des Nations Unies et les ONG sont insuffisants. La question de l’immigration clandestine et de la traite des êtres humains a attisé le populisme et fait voler en éclats le consensus — le contrat social — qui constitue la base du concept de démocratie. Tout le monde subit les conséquences de ces guerres.
Guerre et paix de Tolstoï raconte la vie d’individus pris dans le drame des guerres napoléoniennes qui ont transformé le visage de l’Europe. Les conflits actuels touchent des personnes du monde entier, des personnes qui ne souhaitent qu’une seule chose : vivre en paix.
Dancing Before Storms raconte l’histoire d’hommes et de femmes qui aspiraient à un changement pacifique par le biais de réformes, mais qui ont été dépassés par les événements : révolutions, guerres. L’équité et la dignité pour tous constituent plus que jamais une nécessité dans le monde d’aujourd’hui marqué par les inégalités et les injustices endémiques. Réaliser les changements fondamentaux par le biais d’un activisme non violent est un immense défi. Mais de toute évidence, la paix doit être préférée à la guerre. Et par paix, nous n’entendons pas la paix des cimetières, mais la paix des communautés dynamiques et vivantes.
Le défi pour l’éducation et les éducateurs a été résumé il y a 77 ans dans le préambule de l’acte constitutif de l’UNESCO : « Puisque les guerres naissent dans l’esprit des hommes — et des femmes — c’est dans l’esprit des hommes — et des femmes — que doivent être élevées les défenses de la paix ».
Mon expérience de participation à un séminaire en Inde sur l’éducation pour la paix dans un pays en guerre en 1971 a soulevé des questions toujours en suspens concernant l’éducation, la guerre et la paix. La quête de réponses se poursuit.
Robert T. Harris