Yes, we are Dancing before storms…again

Article disponible également en français ci-dessous.

Robert T Harris, writing from France

Demonstrations are intensifying across France as I write – and they are becoming violent. The issue may seem quite minor in many other countries – changing the retirement age from 62 to 64. France’s President gave a technical explanation this week as to why this change was needed. But the real issue is not technical – it is visceral. People are frustrated with the course of their lives, with the cost of living, with making ends meet, with the gap between aspirations and reality. Underlying all that is a widening chasm between the government and the governed. These are precisely the conditions that preceded the historical revolutions described in my book. The risks for today were outlined in the final chapter.
Of these risks the most fundamental is the continuing imbalance in each of our societies. The tiny percentage of the wealthiest at the top of the social pyramid came out of the 2007/8 financial crisis even wealthier. Then came the covid shutdowns, and the imbalance was exacerbated, even as those on the frontlines – medical and educational personnel – struggled to cope, not to mention the increasing numbers of those working in the precarious ‘gig’ economies of these e-delivery times. But as inflation climbs, as central banks ramp up their monetary tools so fast that banks start failing, and tech and other companies start laying off thousands so as to shore up their stock prices, the underlying imbalances remain.
Add to this volatile mix the war in Ukraine, failed states in places like Sudan, Myanmar and Libya, hardening of tensions in the Middle East, strategic issues between the nuclear powers, the reality of climate change now upon us, and we have conditions for more uncertainty than ever, since the fall of the Berlin Wall almost half a century ago.
The social contract that underpins the very notion of representative democracy – government of the people, by the people, for the people – is under challenge from populists on the right and the left of the political spectrum. This trend is expressed through increasing violence in France, in the United States and in many other countries.
Those continuing with business as usual – just making more money without reflecting on the realities affecting most people in our societies, are indeed – like those before them – Dancing before storms.

 

Oui, nous dansons avant l’orage… une fois de plus

Robert T. Harris, depuis la France

À l’heure où j’écris ces lignes, les manifestations s’intensifient un peu partout en France, et la violence monte. La question peut sembler presque futile vue de bien des pays étrangers – repousser l’âge du départ à la retraite de 62 à 64 ans. Le Président français a égrené cette semaine des arguments techniques pour expliquer pourquoi ce changement est nécessaire. Or la véritable question n’est pas technique, elle est viscérale. Les gens se sentent frustrés par la vie qu’ils mènent, par le coût de la vie, ils ont du mal à joindre les deux bouts et accusent l’écart entre leurs aspirations et la réalité. En toile de fond : un décalage croissant entre le gouvernement et ses administrés. Ce sont justement les conditions qui ont précédé les révolutions historiques décrites dans mon livre. Les risques pour aujourd’hui se trouvent soulignés dans le dernier chapitre.
Et le plus fondamental de ces risques est le déséquilibre permanent qui marque chacune de nos sociétés. Le pourcentage minime des plus riches, au top de la pyramide sociale, est ressorti encore plus riche de la crise financière de 2007/2008. Puis il y a eu les confinements dus à l’épidémie de Covid et le déséquilibre n’a fait que se creuser, ceux qui se trouvaient en première ligne – le personnel soignant et enseignant – ayant dû mener une véritable lutte pour survivre ; sans oublier le nombre croissant de personnes travaillant dans des conditions économiques précaires à l’ère du tout numérique. Et alors que l’inflation monte en flèche, que les banques centrales intensifient le recours à leurs instruments monétaires à une vitesse telle que les banques commencent à défaillir, et que les entreprises technologiques et autres se mettent à licencier à tour de bras pour pouvoir maintenir à flot le prix de leurs actions, les déséquilibres sous-jacents persistent.
Ajoutez à ce mélange explosif la guerre en Ukraine, l’échec démocratique au Soudan, au Myanmar et en Libye, la recrudescence des tensions au Moyen Orient, les rivalités stratégiques entre les puissances nucléaires, la réalité du changement climatique que nous vivons désormais, et nous avons la formule complète qui donne plus d’incertitude que jamais depuis la chute du mur de Berlin il y a près d’un demi-siècle.
Le contrat social sur lequel repose la notion-même de démocratie représentative – le gouvernement du peuple, par le peuple, pour le peuple – se trouve mis à mal par les mouvements populistes de la sphère politique, de droite comme de gauche. Une tendance qui se manifeste par une montée en puissance de la violence en France, aux États-Unis et dans bien d’autres pays aussi.
Et ceux qui continuent à mener leurs affaires, et à gagner de l’argent sans s’arrêter à penser aux réalités qui frappent la plupart des gens dans nos sociétés, sont bel et bien – comme ceux qui les ont précédés – en train de danser avant l’orage.

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